Dans l’univers de l’assurance, il peut arriver que les relations se tendent entre l’assuré et la compagnie : montants d’indemnités jugés trop bas, refus consécutif à un retard de déclaration, désaccord sur les causes exactes du sinistre, etc. Lorsque la situation dérape et prend le chemin d’un litige, toute preuve documentaire devient précieuse. L’avis de passage fait partie des éléments qui peuvent faire pencher la balance.
En effet, un juge ou un médiateur considèrera que vous avez respecté vos obligations de déclaration si vous êtes en mesure de montrer la date et la preuve de votre envoi. À l’inverse, si vous n’avez qu’un simple courrier ordinaire sans justificatif, vous vous exposez à ce que l’assureur argue ne jamais l’avoir reçu. Le principe à retenir est que l’assurance n’aime pas l’incertitude : d’où l’importance de traces claires.
Au cours de mes années de conseil, j’ai rencontré un cas où l’assuré, persuadé de sa bonne foi, avait envoyé ses déclarations de sinistre par courrier simple. Malheureusement, l’assureur soutenait qu’il n’avait rien reçu avant l’expiration du délai légal, et refusait la prise en charge. Sans preuve d’envoi ni avis de passage, l’assuré s’est retrouvé dans l’incapacité de démontrer qu’il avait bien envoyé son dossier à temps. L’issue s’est avérée défavorable pour lui. Un simple recours aux services d’envoi recommandé aurait suffi à renverser la situation.
Les délais postaux et la notion de "premier jour utile"
Il existe aussi un point important à garder à l’esprit : les délais postaux et la notion de premier jour utile dans la loi française. Concrètement, même si le transporteur ou la poste mettent plusieurs jours à acheminer votre courrier, ce qui compte généralement, c’est la date d’envoi. Un avis de passage prouve que, dès le moment où le livreur a tenté la remise, vous avez accompli votre devoir d’information. Si votre assureur n’est pas disponible ou ferme ses bureaux, l’obligation de retrait lui incombe. Vous n’êtes pas tenu responsable du temps passé pour le retrait, tant qu’on peut prouver que vous avez expédié les documents dans la fenêtre prévue par le contrat.
Cependant, si vous n’avez aucun justificatif, l’assureur pourrait prétendre que votre envoi ne lui est parvenu qu’à une date ultérieure, éventuellement hors délais. Voilà pourquoi je répète souvent à mes clients : ne laissez pas place au doute. Un avis de passage, associé à un suivi, vous protège contre ces discussions stériles qui, au final, peuvent retarder les versements d’indemnisation. Ce document pourrait aussi être déterminant si vous engagez une procédure plus formelle, en démontrant que vous avez respecté les principes contractuels et légaux.